Nos conseils pour adopter un chat
Cela fait maintenant vingt ans que je partage mon quotidien avec des félins. J’ai connu la vie avec un chat en étant étudiant, célibataire, puis en couple, et enfin, le grand saut : la cohabitation entre mes matous et mes deux enfants. Si vous lisez ces lignes, c’est que vous envisagez d’agrandir votre famille avec un compagnon à quatre pattes. C’est une aventure formidable, croyez-en mon expérience ! Cependant, entre l’imaginaire d’un chat ronronnant paisiblement sur le canapé et la réalité du quotidien, il y a parfois un fossé. Pour que cette adoption soit une réussite, pour vous comme pour l’animal, la préparation est la clé.
Bien réfléchir avant d’adopter un chat
Avant de craquer devant une bouille adorable, il faut se poser et analyser froidement la situation. Adopter un chat est un engagement sur le long terme. Nous parlons ici d’un contrat moral de 10 ans, 15 ans, voire plus. Mon doyen, Blackie, a fêté ses 19 ans l’année dernière ! Il faut donc absolument éviter le coup de tête ou le « cadeau surprise » pour l’anniversaire du petit dernier. Posez-vous les bonnes questions : votre situation sera-t-elle stable dans 5 ans ? Avez-vous intégré cette présence dans votre emploi du temps ? Bien que le chat soit réputé pour être un animal indépendant, il a besoin d’interactions, de jeux et de présence. Si vous partez à 8h et rentrez à 20h sans jamais être là le week-end, votre compagnon risque de développer des troubles du comportement.
Pensez à anticiper les frais liées à l’adoption d’un chat. La première ligne de dépense, et non des moindres, concerne le vétérinaire. Dès les premières semaines, vous devrez budgétiser la vaccination et éventuellement la stérilisation. Ensuite, pensez à l’équipement de base, prévoyez un arbre à chat robuste (votre canapé vous remerciera), une caisse de transport et un bac à litière. Enfin, le poste le plus récurrent sera la nourriture. Ne transigez pas sur la qualité ; des croquettes et du pâtée équilibrées réduisent les visites chez le vétérinaire à long terme. Ce serait dommage que l’aventure se transforme en casse-tête financier, alors prévoyez dès le départ des frais.
Avant d’accueillir un animal, assurez-vous que personne ne souffre d’allergie aux chats. C’est un drame de devoir se séparer d’un animal au bout de trois mois parce que le petit dernier fait de l’asthme. Les symptômes les plus courants sont des éternuements fréquents, une éruption cutanée ou encore une gêne respiratoire pouvant provoquer des crises d’asthme. Il est bon de connaître la liste des allergènes liés au chat pour comprendre le mécanisme :
- La protéine Fel d 1 : C’est l’ennemi public numéro 1. Elle ne vient pas des poils, mais de la salive et du sébum. Quand le chat se toilette, il en dépose partout.
- Les squames : Ces peaux mortes microscopiques qui volent dans l’air.
- L’urine : Elle contient aussi des protéines allergisantes, d’où l’importance de nettoyer la litière très régulièrement, tâche qui, soyons honnêtes, revient souvent aux parents !
Comment trouver le bon chat

Une fois la décision validée en conseil de famille, il faut trouver la perle rare. Mon conseil de père : ne choisissez pas sur le physique, mais choisissez un caractère adapté au foyer. Si vous avez, comme moi, des enfants qui courent partout et crient parfois, évitez le chat ultra-timide et craintif qui passera sa vie sous le lit. À l’inverse, un chat trop dominant pourrait ne pas supporter les gestes brusques des tout-petits. Cherchez un chat « bien dans ses pattes », sociable et tolérant. Lors des visites, observez comment il réagit si vous faites un peu de bruit ou des mouvements rapides.
Pour l’adoption, vous avez le choix entre SPA, associations ou éleveur. Ayant toujours privilégié l’adoption directe, je vous encourage à parler de votre projet à votre entourage ou de visiter les refuges. Ils connaissent bien leurs protégés et sauront vous dire quel chat est à privilégier avec les enfants. Si vous habitez dans la région de Pornic, vous pouvez vous adresser à la SPA de Saint-Père-en-Retz ou à l’Association Les Chats du Cœur.
Vient ensuite le dilemme : chaton ou chat adulte ? Mes enfants réclamaient évidemment un chaton. C’est mignon, c’est joueur… mais c’est épuisant ! Un chaton, c’est comme un enfant en bas âge : il fait des bêtises, grimpe aux rideaux, mordille les doigts et demande une éducation constante. Avec le travail et les enfants à gérer, avez-vous l’énergie pour ça ? Un chat adulte, lui, a son caractère fixé. On sait s’il est câlin ou indépendant. Il est souvent déjà propre et moins destructeur.
Organiser le passage chez le vétérinaire
La première étape, avant même l’installation définitive, est la case santé. Une visite médicale pour s’assurer que le chat est en bonne santé est indispensable. Le vétérinaire vérifiera l’absence de parasites (puces, tiques, gale d’oreilles) qui pourraient contaminer votre maison ou vos enfants. Il écoutera son cœur et vérifiera son état général. Si vous avez adopté via une association, l’animal est souvent déjà identifié et stérilisé, mais ce check-up permet de partir sur des bases saines et d’ouvrir son carnet de santé à votre nom.
C’est aussi le moment de planifier les vaccins. Même si votre chat ne sort pas, ne faites pas l’impasse.
- Le Typhus et le Coryza : ce sont les vaccins de base obligatoires (moralement). Le virus du typhus est très résistant et vous pouvez le ramener sous vos chaussures.
- La Leucose : essentielle s’il y a le moindre risque que le chat sorte ou croise d’autres chats.
- La Rage : nécessaire si vous comptez emmener le chat en vacances hors de France. Le vétérinaire établira un calendrier.

Préparer son espace de vie du nouveau pensionnaire
L’arrivée d’un chat demande un peu de logistique dans la maison. Le point crucial est de trouver un endroit pour le bac à litière. C’est souvent un sujet de discorde. Il faut un endroit calme (le chat déteste être observé aux toilettes), accessible 24h/24, mais pas au milieu du salon pour des raisons évidentes d’odeurs. Chez nous, c’est dans un coin des WC du bas, porte toujours entrouverte. Évitez la buanderie si la machine à laver fait un bruit d’enfer à l’essorage, cela pourrait effrayer le chat et provoquer des accidents de propreté
Ensuite, il faut stratégiquement placer le coin repas du chat. Règle d’or : jamais à côté de la litière. Personne n’aime manger dans ses toilettes. Si vous avez des enfants en bas âge (ou un chien gourmand), je vous conseille vivement de placer les gamelles en hauteur. Sur un plan de travail dédié ou un arbre à chat solide. Cela permet au chat de manger sereinement sans craindre qu’une petite main vienne patouiller dans ses croquettes ou qu’un enfant ne tente de goûter sa pâtée.
Définir la cohabitation avec les enfants
Mes enfants ont grandi avec des chats, et cela leur a appris le respect et l’empathie. Mais cela ne s’est pas fait tout seul. Il faut enseigner la douceur dans les gestes. Expliquez aux plus petits qu’un chat n’est pas une peluche. On ne tire pas la queue, on ne met pas les doigts dans les yeux. J’ai appris à mes enfants à caresser avec la « main plate » ouverte, plutôt qu’avec les doigts crispés, et toujours dans le sens du poil.
Il est aussi vital de leur apprendre à tenir un chat. Combien de fois ai-je vu des enfants soulever un chat par les aisselles, les pattes arrière pendantes ? C’est douloureux pour l’animal qui va se débattre et risque de griffer. Montrez-leur la technique : une main soutient le thorax, l’autre main soutient impérativement les fesses et les pattes arrière. Le chat doit se sentir « assis » et en sécurité. Si l’enfant est trop petit pour porter ce poids, la règle est simple : on ne porte pas le chat, on s’assoit par terre et on attend qu’il vienne sur les genoux.
Enfin, pour la sécurité de tous, nous avons dû définir des espaces propres à chacun. C’est la règle absolue à la maison : si le chat est dans son panier ou en haut de son arbre à chat, il est « invisible ». Interdiction formelle d’aller le déranger, le réveiller ou le caresser. C’est sa zone de refuge. Le chat doit savoir qu’il a un échappatoire s’il en a marre de l’agitation des enfants. Respecter cet espace, c’est la garantie d’une cohabitation sans griffures et sans stress.



